Enrichissement de l'environnement pour les macaques rhésus en cage: photo 80-92

Enrichissement par l'alimentation(photos 80-92)

 L'enrichissement par l'alimentation favorise le fourragement et les activités de recherche et de manipulation de la nourriture.


Les macaques travailleront pour leur nourriture même lorsque une ration identique est immédiatement accessible [Anderson & Chamove, 1984; Evans et al., 1989; Line et al., 1989b; O'Connor & Reinhardt, 1994]. Ceci suggère qu'ils éprouvent un besoin de rechercher activement leur nourriture. Ce besoin n'est pas satisfait dans les conditions habituelles de distribution de nourriture au laboratoire, ou l'ensemble des croquettes est disposée dans la mangeoire, ne requérant aucun effort pour les obtenir [Bartecki, 1993].

 

 


Photos 80 & 81: Lorsqu'ils ont le choix de:

  1. ramasser leur ration quotidienne de 33 croquettes disponibles à volonté dans la mangeoire ordinaire, (photo 80), et /ou
  2. fourrager pour obtenir la même ration de croquettes d'un puzzle, créé en déplaçant la mangeoire et la remontant devant le grillage pour que le trou ne soit plus directement accessible (photo 81),

huit mâles rhésus adultes mirent en moyenne:

  1. 0.5 minutes pour obtenir 29 croquettes de la mangeoire, et
  2. 11.2 minutes pour obtenir 11 croquettes du puzzle,

pendant des tests de 60 minutes [Reinhardt, 1994d].

Ils consumèrent toutes les croquettes (11) pour lesquelles ils avaient travaillés, mais seulement 52% des croquettes (15) qu'ils avaient récupérés sans effort.



 

 

 


Photos 82* & 83*: Lorsque la ration quotienne de croquettes est disposée dans un puzzle plutôt que dans la mangeoire ordinaire, le temps dévolu à la recherche de la nourriture – au fourragement – augmente chez les macaques rhésus appariés [Reinhardt, 1993a]

Dans une étude comportant 158 rhésus, 89% des animaux acceptèrent le puzzle comme principale mangeoire. Le reste, 11%, ne recupérèrent pas assez de croquettes (dû à des problèmes dentaux qui causèrent des difficultés pour manipuler les croquettes entre le grillage). Leur puzzle fut replacé en mangeoire normale, pour assurer un accès sans restriction à la nourriture. [Reinhardt, 1993b].

Dans un cas remarquable, une femelle rhésus aveugle appariée apprit à se servir du puzzle, et elle fourrage pour sa ration quotidienne avec autant d'habileté que les autres animaux [Reinhardt & Garza-Schmidt, 2000].

Le poids des animaux n'est pas affecté lorsqu'ils fourragent pour leur nourriture standard au lieu de la ramasser de la mangeoire librement accessible [Reinhardt, 1993b,e; Murchison, 1994; Bertrand et al., 1999].

Il n'est pas toujours possible de créer und puzzle en déplaçant la mangeoire; différentes cages peuvent nécessiter différentes modifications visant à augmenter le temps dévolu au fourragement des croquettes [e.g., Murchison, 1994,1995; Reinhardt & Garza-Schmidt, 2000].

Le puzzle est un élément structurel de la cage, conçu pour servir de mangeoire principale. Il ne requiert donc pas de temps supplémentaire pour le nettoyer et le remplir de friandises spéciales.



 
  Photo 84*: On a confirmé l'utilité du puzzle comme principal moyen d'enrichissement par l'alimentation permanent pour les macaques à queue courte, M. arctoides (photo 84) [Reinhardt 1993c], les macaques japonais M. fuscata, [Yanagihara et al., 1994], et les macaques cynomolgus, M. fascicularis [Reinhardt & Garza- Schmidt, 2000].


 

 

Photo 85: On a décrit divers appareils pour macaques, faits sur mesure [e.g., Line & Houghton, 1987; Bramblett & Bramblett, 1988; Moazed & Wolff, 1988; Markowitz & Line, 1989; Gullekson et al., 1991; Kaplan & Lobao, 1991; Lam et al., 1991; Murchison, 1991,1992; Bayne et al., 1991,1992; Clark, 1992; Murchison & Nolte, 1992; Bartecki, 1993; Holmes et al., 1994; Taylor et al., 1994; Niemeyer et al., 1998] ou commerciaux – tels que ce puzzle [e.g., Bloom & Cook, 1989]. Ils sont assez coûteux et requièrent du travail supplémentaire pour les remplir et les nettoyer [Bayne et al., 1993].

Rares sont les études sur l'efficacité à long-terme de ces dispositifs [Reinhardt, 1993d].



 

 

 


Photos 86* & 87*: Le "puzzle sur le plafond" est probablement le dispositif de fourragement le moins coûteux.

Déposer la ration quotidienne de croquettes sur le plafond de la cage – au lieu de la mangeoire – ne nécessite ni matériaux, ni temps supplémentaires pour le personnel, mais il induit une augmentation de 80 a 290 fois du temps de fourragement, selon la forme des croquettes [Reinhardt, 1993e].

Les singes tendent à accaparer la nourriture lorsqu'elle est disponible. Il n'est pas rare de voir un macaque rhésus, par example, prendre autant de croquettes que possible au moment de la distribution de la nourriture, remplir ses deux abajoues au maximum, prendre vite le reste des croquettes de la mangeoire et en faire tomber une partie au sol, pour enfin commencer à les consommer. Inévitablement, une partie des croquettes tombées par terre sont contaminées avec les fèces ou l'urine et sont donc rejetées par l'animal. C'est la tâche du personnel animalier d'enlever de la cage ces croquettes abimées pour éviter la moisissure dans les coins. Ce problème ne se présente ni avec le puzzle de plafond, ni avec le puzzle d'alimentation: il n'y a pas d'accaparement; une fois que la croquette a été fourragée avec beaucoup de peine, elle est ingérée [Reinhardt, 1993a,e; Murchison, 1994,1995]. Quelquefois des fragments de croquettes tombent pendant le fourragement, mais en géneral ils sont si petits qu'ils peuvent passer à travers le plancher grillagé, et peuvent être néttoyés… Les cages des animaux qui fourragent pour leur nourriture se remarquent par le fait qu'il ny'a pas de nourriture gaspillée [Reinhardt, 1993e; Reinhardt & Garza-Schmidt, 2000].








Photos 88* & 89: Des fruits et légumes de saison introduisent de la variété dans la nourriture ordinaire monotone. Ce serait une perte de temps que de couper les fruits et les légumes pour les animaux [cf. Smith et al., 1989]; ils ont le temps et aiment bien manipuler les aliments avant de les consommer.

Chaque macaque devrait recevoir au moins un fruit, telle qu'une pomme entière (photo 88), ou un légume entier, tels qu'un épis de mais (photo 89), quotidiennement. Les animaux ne méritent-ils pas ces friandises?


Photos 90 & 91: Lorsque les légumes de saison ne sont pas disponibles, des cubes de glace (photo 90; cf. McNulty, 1993) ou des cacahuètes dans leur cosse (photo 91) peuvent leur être substitués.


 

 

Photo 92: La distribution de friandises à la main présente non seulement une nouvelle option d'enrichissement par l'alimentation mais offre également un moyen simple de promouvoir et d'encourager une relation positive entre l'homme et l'animal. L'effet bénéfique de cette "stratégie" se reflète dans le fait que les macaques rhésus montrent une diminution des désordres comportementaux non seulement pendant la distribution des friandises mais aussi plus tard, pendant les journées où ils ne reçoivent pas de friandises [Bayne et al., 1993]. Ce phénomène de report n'a pas été observé lorsque les singes se servent d'appareils de fourragement [Watson, 1992; Bayne et al., 1993; Novak et al., 1998], ce qui montre que ceux qui leur prodiguent des soins jouent un rôle prépondérant dans la sauvegarde du bien-être des animaux [cf. Wolfle, 1987; NRC, 1998]

  Enrichissement inanimé (photos 93-108)

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